anorexia

2008, le grand saut dans le vide

Je sais pas pourquoi, ça me fait peur. Angoisse existentielles et angoisses très concrètes aussi (quand vais-je reprendre le boulot, combien je pèse puisqu'il était convenu avec mon psy que les fêtes se passeraient sans balance...).

Qu'est-ce que je vais faire de ma vie en gros?

A peine Noël passé il faut que je recommence à stresser que quelque chose d'autre, c'est incroyable ce tempérament.

Ce soir, rien fait, regardé E.T comme une enfant que je ne suis plus et là, je peux pas dormir, comme toujours. Demain je n'aurai pas envie de me lever... Le serpent qui se mord la queue en ce moment.

Il va falloir (se) bouger!

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Dehors

Aujourd'hui, je suis sortie. Pour une fois, je me suis levée tôt. Il faisait froid mais un peu moins que ces derniers jours. Parce qu'hier je me suis réveillée en sueurs à 8h00 du matin en réalisant la date. Eh oui. Noël. Cette sale habitude. Les gens sont stressés dans les magasins, au fond on se demande à qui ça fait plaisir. Ah oui, aux enfants, j'oubliais, comment ai-je pu oublier avec ces publicités dont ils nous gavent à la télévision.

Je me suis remise à regarder la télé aussi, je gobe toutes les séries, enchantée de comprendre à nouveau le sens des choses, qu'il ne s'agisse plus que de silhouettes qui se meuvent sans but.

J'ai acheté tous les cadeaux nécessaires, cherchant, quand même, le petit truc qui ferait plaisir. J'ai pris la peine de les emballer moi-même, ils brillent, bien rangés. Puisque. Je ne vais pas mourir et Noël aura lieu. Autant participer à ce qu'on ne peut de toutes les manières éviter.

La vie me paraît bizarre, dehors. Il faut que je cesse de m'enfermer comme ça. Je vais devenir autiste. J'ai beaucoup marché. Je suis crevée sans arriver à me reposer, agitée, je fais plein de choses en même temps, et j'aime [mieux] ça, je me sens un peu plus vivante. J'ai pris le métro sans un coup d'oeil sur les rails, je me suis juste jetée sur un siège, épuisée, avec mes paquets (un "Petit Robert" ça pèse lourd!). La vitre de la rame m'a jetée au visage ma pâleur et mes yeux cernés; ça ne me gêne pas. Petit fantôme, je plane un peu.

Demain, je me reposerai. Peut-être.

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L'engin du diable

 

Je ne monte plus sur l'engin.

Je ferai le point après les fêtes. Tenir ce carnet alimentaire est en fait trop contraignant pour le moment à cause des variables dues aux circonstances. Quand mon alimentation est régulière, c'est facile, ça ne change pas trop, rassurant.

Mes joues se sont un peu creusées mais mes cuisses restent hideuses. Je suppose donc que rien n'a changé au fond à part un peu de fatigue.

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Solitude

 

C'est un peu bizarre de s'écrire à soi-même. Je ne sais même pas si quelqu'un lit. Si, quelqu'un a lu : Sisyphe. Mais Sisyphe a disparu.

Ce que j'écris n'est pas passionnant j'en conviens. C'est même affreusement banal. Peut-être que ça s'améliorera si je ne me décourage pas entre-temps.

Comme tous les soirs, j'ai peur d'aller me coucher et pris la dose de médicaments. Je suis une toxico je crois... Je ne comprends pas cette angoisse alors que je suis si bien dans mon lit. Oui mais. La journée. Quand les autres vivent. Je ne fais plus partie de ce monde-là pour le moment. J'essaie d'y retourner mais c'est très, très difficile. Phobie sociale - prétexte - etc.

Alors je surfe. Regarde, honte à moi, tous les corps minces que je trouve et qui ne sont plus le mien. Je ne sais pas ce que ça me fait, ça ne me rend pas triste, ça ne me console pas, je contemple. Parfois je suis effrayée, parfois admirative, toujours envieuse hélas. Même si je sais que ce n'est pas ça la vie. Je le sais, mais il semble que je ne l'ai pas encore compris. Souvent je me demande si c'est parce que je ne suis pas assez loin pour voir qu'il n'y avait rien derrière le miroir d'Alice...

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Un peu mieux

Poids ce matin : 53,5 kg

Le moral est déjà moins pire

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Venredi et samedi

Dernier poids connu (j'ai un peu perdu mais peur de monter sur "l'engin") : 54,9kg.

Taille : 1m71

Objectif :51 kg maxi

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Mon père

Nous avons bu un coup ensemble. Après le psy. Je lui ai parlé de l'éventuelle hospit. Il m'a proposé de venir chez lui, avec mon chat. C'est adorable mais je ne m'en sens pas la force. Il m'a bien fait comprendre, mais sans en parler, que ma disparition serait pire que tout ce que je peux leur faire subir, que personne dans la famille ne s'en remettrait.

Pas le droit de mourir.

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Le psy

Je lui ai tout dit, de mes scénarios suicidaires etc. Il a dit que si je n'allais pas mieux la semaine prochaine il me faisait réhospitaliser. Dans une clinique. Que je ne connais pas.

 

Désespoir...

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La bouffe

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Insomnie, encore...

Je mets de la couleur. Il faut. Tout est si gris en ce moment.

J'ai renoncé à avaler des tonnes de médicaments vu qu'ils n'agissent plus du tout. D'où le fait que je sois là à cette heure-là.

Demain je vois le psy. Je vais lui dire que ce n'est plus possible. J'ai passé la moitié de la semaine à élaborer des scénarios pour me tuer, tout en me disant que je ne pouvais pas faire ça à mes proches, et l'autre à me demander s'il fallait que je retourne (encore) à l'HP. Ce serait me désociabiliser davantage... c'est ridicule ce que j'écris vu que je passe quelques heures à peine par jour en dehors de mon lit, que je ne réponds plus au téléphone depuis un bail, et que ma famille a compris qu'elle ne pouvait actuellement rien faire et m'envoie un sms de temps en temps.

J'ai bien organisé ma solitude.

Bizarrement, je mange. Pas de crises, pas de restriction, mais je mange mécaniquement, ça n'a pas de goût. D'ailleurs, je vais arrêter cette mascarade. Je ne sais même pas pourquoi je continue à manger alors que je veux tellement que tout s'arrête. Sans doute parce que je n'ai même plus cette force-là. Mais je me dis que si je retrouve la force de perdre les kilos accumulés en trop, cela impulsera peut-être une force de vie dans l'inertie actuelle? En tout cas ça vaut le coup d'essayer. Je vais commencer demain.

Je ne sais plus quoi faire d'autre. J'ai même laissé tomber le témoignage que j'avais commencé dans le but inavouable de le soumettre à un éditeur. Je n'arrive plus à rien faire.

Je vais quand même pas tader à regagner mon lit. Le seul endroit où je me sente bien, en sécurité.

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